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Par Floriane :: 18/04/2008 à 23:18

Y'a des jours comme ça, où tout suffit à tout.

 

Soleil

 

              une tablette de chocolat noir à l'orange

 

                                  l'envie d'un tour du monde en tandem

 

          à la recherche des gens heureux

 

et des pensées transatlantiques

 

«Une course à faire à Châtelet et trente minutes de rab avant de devoir me trouver à la sortie de l’école de cet affreux mioche que je garde. Sur le chemin, le Palais Royal. Je me souviens que c’est un thème du journal. Hé bien, passons-y! On verra si je suis inspirée ou non.

Premier regard à l’intérieur de cette cour et deux impressions me sautent aux yeux. D’abord, le souvenir d’avoir joué, petite, parmi ces plots, comme ces gamins là-bas. Ensuite, ce choc esthétique qui me prend. Si, petite, ces plots zébrés m’amusaient… aujourd’hui ils me semblent tellement déplacés dans cette enceinte ancienne.

En avançant, j’ai un regard curieux pour ce vieux magasin en boiseries, plus loin, qui sent la poussière à vue d’œil. Et puis, ces deux fontaines-boules-de-pétanque. Elles m’amusent. Elles ne sont pas dans le bon décor, certes, mais j’aime bien le jeu de reflets qu’elles provoquent. Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo sous la main, je me serais amusée.

Dans la cour-jardin, je reste dubitative. Quatre rangées d’arbres trop taillés, une pelouse engrillagée, interdite d’accès. Des hommes et des femmes pressés, qui traversent en diagonale, en courant à moitié, les différentes cours. Des touristes qui prennent tout en photo. Il vient de pleuvoir, il fait gris, s’ils sont intelligents, ils feront du noir et blanc, encore que le sépia conviendrait peut-être mieux à ce manque de lumière contrastante. Le couple qui se prend alternativement en photo, posant devant les différents éléments, décoratifs ou non, du jardin n’aura probablement pas l’idée de ces traitements photographiques. Non, le but, c’est de dire qu’on y était. Que c’est bien nous qui avons pris la photo, puisqu’on est dessus. (Prendre le temps d’écouter « Les épices du Souk du Caire », surtout à partir de la deuxième minute). Celui qui prend en photo la grande fontaine au fond, on peut espérer qu’il fera de la photo belle et non de la photo souvenir. Son angle de vue est original, il à l’air de chercher un rayon de lumière, du contraste. Décidemment, j’aurais eu mon appareil, je me serais vraiment amusée. J’aurais photographié ce photographe qui photographie. J’ai une jolie vue de mon côté aussi!

De tout le jardin, l’endroit que je fini par trouver le plus sympathique, c’est lorsqu’on se plante entre la grosse fontaine et la pelouse emprisonnée, bien au milieu, perpendiculairement. De là, en regardant en l’air, en tournant, on remarque la parfaite similitude entre les étages : enchaînement fenêtres et potiches de terre cuite, et sur le toit, des velux équidistants. Alors je tourne sur place pour les faire défiler, et l’envie soudaine me prend de retrouver ce vertige d’enfant de quand on se fait tourner et tourbillonner sur place. Et je tourne. Je m’arrête avec un grand sourire aux lèvres. Le photographe de la fontaine me regarde, il vient de baisser son appareil, il rit. Je sais qu’il m’a prise en photo. J’aurais fait pareil à sa place. Je lui souris de plus belle, et j’explose de rire. I love Paris. Je me la chante, je chante à haute voix.

Je n’aime pas cette cour. Mais je pense à ma Floriane, restée à Montréal, m’enviant cette vie à Paris. Et c’est pour elle que j’aime cette ville. C’est pour elle que je m’y balade, parce qu’elle ne supporterait pas que je n’en profite pas autant qu’elle le ferait. C’est pour elle que je prends des photos, à elle que je pense quand je vois des enfants courir après les pigeons en riant. C’est parce que ma meilleure amie est amoureuse de cette ville que je l’aime. C’est parce que Floriane aurait aimé ce mélange de modernité et de classique que j’y prends goût. C’est pour Floriane qu’en sortant de la cour par où je suis entrée, je me plante devant la libraire Delamain et que je choisi deux cartes postales en noir et blanc pour son anniversaire.» (X)

 

 

(Bouleau des quais de Seine.)

 

PUTAIN QUE C'EST BEAU LA VIE, QUAND MÊME.

Par Floriane :: 10/04/2008 à 1:11

«Ah non, pas l’autoroute, Momo, pas l’autoroute. Les autoroutes, ça dit : passez, y a rien à voir. C’est pour les imbéciles qui veulent aller le plus vite d’un point à un autre. Nous, on fait pas de la géométrie, on voyage. Trouve-moi de jolis petits chemins qui montrent bien tout ce qu’il y a à voirMonsieur Ibrahim et les fleurs du Coran d’Eric-Emmanuel Schmitt

 

Fleurir, toujours.

 

 

LENTEUR et éclosion.

Par Floriane :: 10/04/2008 à 0:16

 

Joke-her.

Par Floriane :: 26/03/2008 à 0:53

«- Quelquefois je me demande ce que nous sommes en train d'attendre.
Silence.
- Qu'il soit trop tard, madame.»

Baric

Par Floriane :: 25/03/2008 à 0:19

Par Floriane :: 19/03/2008 à 23:56

oiseau sans plume

 

[copie parisienne

 

                                  décidément, rien

                                                    de plus

                                                         léger que le sérieux

 

tonne de plumes ou tonne de plomb?

 

(inversement, proportionnel ou égal comme il dirait)

 

«2/ Commentez « Mettre un bémol à son jugement »

 

Il est faux? Non, il sonne faux! Bémolisons-le! Pour moi, ceci ne peut que me faire penser au débat du violoniste de concert, oreille absolue en 440, contre le claveciniste baroque… oreille absolue 435! Lequel a vraiment raison entre celui qui entend un Ré ou un Mib? Et si nous diézions notre jugement? Je ne mettrai de bémol à mon jugement que lorsque j’aurai chanté un Fa# et que celui-ci me dira qu’il sonne en Sol!

 

Note : A

Commentaire du prof : Je n’ai rien compris à votre commentaire mademoiselle, mais il m’amuse!»]

 

 

Bref,

aujourd'hui: collection de mots en b

 

a, g, j, z, e, r, i, p, q,w, x, m, l, d, f, t, h, etc. etc. etc.

 

C'est un peu le bordel, et j'ai les neurones en bouillie de betterave.

 

 

Tu m'as trahi et déplumée alouette, gentille alouette
Tu ne m'as laissé que mon duvet en me jetant sous la tempête
Je vois mes plumes sur tes chapeaux et j'les imagine dans ton cul
Je les sais dessus tes plumeaux et je ne te reconnais plus

 

Toi qui me laisse battre de l'aile, flanquer de pauvres coups d'épée dans l'eau
Lancer quelques regards au ciel et le trouver beaucoup trop haut
Tu m'as peut-être clouée au sol mais tu ne me cloueras pas le bec
Ma voix se faufile et s'envole même si c'est en claquant du bec

La Rue Kétanou

 

Ah pas con!

 

putain que je me marre

putain que ça ne prend toujours que trois fois rien

 

pour tout

 

comme les prises de décisions

les coups de tête

les résolutions

 

devenir un homme, (un vrai)

Par Floriane :: 18/03/2008 à 23:34

 

 

Pour les heures passées devant Manola.

l'art buvard

qui aspire

qui inspire

Par Floriane :: 16/03/2008 à 2:10

If I should buy jellybeans
Have to eat them all in just one sitting
Everything it seems I likes a little bit sweeter
A little bit fatter, a little bit harmful for me

 

ma vie laisse la fenêtre ouverte

 

(livres d'histoire - livres d'histoire = peinture plein les doigts)

 

je traîne une vieille odeur de cigarette dans mes poches depuis jeudi

déblatérations philosophiques dans le salon de Pierrot

 

dehors c'est toujours le pôle nord

 

j’ai promis d’être rouge, orange, bleu, verte

bronzage sur la banquise?

le gris au tiroir ou la métamorphose du perroquet

 

(je tue le temps en faisant des overdoses de fraises tagada)

 

 

«J'ai mis mon képi dans la cage et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête.» (Prévert)

 

Même si Camille chante. chante. chante. chante. chante.

 

Hé! petite fille tu bois de l'eau et tu es saoule là où tu te noies tu as beau avoir pied tu coules au port Hé! petite folle! c'est pas la brasse c'est le crawl pour la traversée il t'aurait fallu des épaules du corps Mais lui c'est différent, il est né sur l'océan, c'est un grand capitaine, un amant monument, tu t'es perdue dedans... Hé! petite fille! on est jamais deux à partir y'en a toujours un pour larguer l'autre pour languir au port Hé! petite cruche! avec tes pots de confiture tu partiras en sucette mais pas à l'aventure au Nord. Mais lui c'est différent, il est né sur le Mont Blanc, c'est un grand alpiniste, un amant monument, tu as perdu sa piste... Hé! petite nonne! suis l'Au-delà si tu le trouves le ramène pas au cardinal pour qu'il te l'ouvre encore Hé! petite larve! je suis toi-même et je te parle tu es déjà grande alors lève toi sors de ta cale. Au port ton cœur de petite fille est mort.


Hé! petite fille! à ta droite l'Arc de Triomphe
Hé! petite fille! à ta gauche il y a dieu qui ronfle
Hé! petite fille! devant il y a les pyramides
Hé! petite fille! derrière le génie de la Bastille.

 

écorchure

.

Par Floriane :: 11/03/2008 à 2:04

 

-         «Comment réagirais-tu si je te l’envoyais en pleine figure? le défiai-je en faisant sauter le fruit dans ma main.

Le sourire d’Hassan s’évanouit. Il me parut plus vieux que je ne l’avais jamais vu. Non, pas plus vieux, mais vieux. Était-ce possible? Son visage bronzé s’était creusé de rides qui encadraient ses yeux et sa bouche. J’aurai tout aussi bien pu les graver moi-même avec un couteau.

-         Comment réagirais-tu? répétai-je.

Il pâlit. À côté de lui, la brise agitait les pages agrafées de l’histoire que j’avais promis de lui lire. Je lançai de toutes mes forces le projectile, lequel l’atteignit en plein poitrine et le macula de pulpe rouge. Hassan poussa un cri de surprise et de douleur.

-         Frappe-moi! lui ordonnai-je.

Son regard navigua entre la tache sur son torse et moi.

-         Lève-toi! Frappe-moi!

Il se redressa enfin, mais resta immobile, l’air abasourdi, tel un homme entraîné au large par un courant marin alors que quelques instants plus tôt seulement il savourait une tranquille balade sur la plage.

Une nouvelle grenade le toucha cette fois à l’épaule. Le jus lui éclaboussa la figure.

-         Frappe-moi! criai-je. Frappe-moi, bon sang!

J’aurai voulu qu’il riposte. Qu’il m’inflige la correction à laquelle j’aspirai tant, pour qu’enfin je retrouve le sommeil. Peut-être les choses reviendraient-elles alors comme avant entre nous. Il ne se défendit toutefois pas davantage lorsque je me mis à le mitrailler.

-         Lâche! l’insultai-je. Tu n’es qu’un lâche!

J’ignore combien de temps je m’acharnai ainsi sur lui. Je ne suis sûr que d’une chose : il était si barbouillé de rouge à la fin que l’on l’eût dit passé devant un peloton d’exécution. Je tombai à genoux, épuisé, haletant, frustré.

Ce fut le moment qu’il choisit pour ramasser un fruit. Il s’approcha de moi, l’ouvrit en deux et l’écrasa contre son front.

-         Voilà, lâcha-t-il d’une voix rauque, tandis que le jus coulait tel du sang sur ses joues. Vous êtes satisfait? Vous vous sentez mieux?» K. Hossein

 

.

.

.

 

 

-         « Comment le sais-tu?

-         Je le sais.

-         Mais comment peux-tu en être si sûr?

Il pivota vers moi. Quelques gouttes de sueurs dégoulinèrent de son crâne rasé.

-         Croyez-vous que je vous mentirais, Amir agha?

Je décidai brusquement de m’amusait à ses dépens.

-         Aucune idée. Tu me mentirais, Hassan?

-         Plutôt avaler des excréments! s’indigna-t-il.

-         Vraiment? Tu irais jusque là?

-         Où? s’enquit-il, perplexe.

-         Jusqu’à avaler des excréments si je te le demandais.

[…]

-         Si vous me le demandiez, oui, répondit-il enfin.

Je baissai la tête. Aujourd’hui encore, les gens comme lui m’intimident, ces gens qui pensent sincèrement tout ce qu’ils disent.

-         Mais je me pose une question, Amir agha. Seriez-vous capable de m’ordonner une chose pareille?

Et ainsi, le plus simplement du monde, il m’imposa son propre test. Puisque j’étais décidé à le faire marcher et à défier sa loyauté, il me rendait la pareille en mettant mon intégrité à l’épreuve.

Je regrettai d’avoir entamé cette conversation.

-         Ne sois pas stupide, rétorquai-je, faussement jovial, tu te doutes bien que non.

Il me retourna mon sourire. À cette différence près que le sien ne paraissait pas forcé.

-         Je sais, avoua-t-il.

Tel est le problème avec ceux qui ne s’expriment jamais en toute franchise : ils sont persuadé que chacun agit comme eux.»

Papa, raconte moi le monde de Monsieur Claudel.

Par Floriane :: 10/03/2008 à 15:38

«Dis Papa c’est quoi les hommes?

 

Ce sont des princes des mendiants et des fous

Des artistes et des gueux

Des loups et des agneaux

Des très petites choses fragiles et admirables qu’un rien suffit à vaincre

Des montagnes éternelles où naissent les ruisseaux

 

Dis Papa c’est quoi la vie?

 

Une belle aventure un jeu de mains sans les vilains

Une chimère qui pousse et resplendit

Un oranger aux racines profondes

Un voyage immobile qui nous charme et nous change

 

Dis Papa c’est quoi le mal?

 

C’est la bêtise des hommes qui parfois vont se perdre

Dans des sentiers de pierre

Et prennent des cailloux pour les lancer en l’air

 

Dis Papa c’est quoi la mort?

 

Une erreur une maison dans laquelle on s’endort

Un songe un grand oubli

Un vieux malentendu

Un chien très fatigué qui oublie sa douleur en se couchant heureux

Près d’un feu un beau soir»

Par Floriane :: 08/03/2008 à 22:02

                   

peut-être qu'un jour on finit par ravaler sa connerie

par prendre ses souliers à deux mains

pour cogner aux portes claquées

 

comme si de rien n'était

rembobinner les vieilles cassettes
               

                                                      l'air de rien, les mots en l'air                    

 

Par Floriane :: 08/03/2008 à 18:15

                 rhapsody in blue

 

                                                             café chez Eva B?

 

jupe à pois et chocolat                   perruque et lunettes en coeur

 

                                    livres et pâtisserie

        piano et peinture

 

                    la joie des additions 1+1 = 1 comme 0 + 0 + 0 + 0 donne 0

 

une vie binaire quoi

 

«Voyez-vous, il y a à mon sens trois attitudes possibles devant cette vie absurde. D'abord l'attitude de la masse, hoï polloï, qui refusent simplement de voir que la vie est une blague. Ceux-là n'en rient pas, mais travaillent, accumulent, mastiquent, défèquent, forniquent, se reproduisent, vieillissent et meurent comme des bœufs attelés à une charrue, idiots comme ils ont vécu. C'est la grande majorité. Ensuite, il y a ceux, comme moi,

 

                           qui savent que la vie est une blague et qui ont le courage d'en rire,

 

à la manière des taoïstes et de votre Juif. Enfin, il y a ceux, et si mon diagnostic est exact votre cas, qui savent que la vie est une blague, mais qui en souffrent. C'est comme votre Lermontov, que j'ai enfin lu: Jizn takaïa poustaïa i gloupaïa choukta, écrit-il.» Je connaissais maintenant assez de russe pour comprendre et compléter: «Il aurait dû ajouter : i groubaïa, "une blague vide, idiote et sale"» – «Il l'a certainement pensé. Mais ça aurait ruiné la scansion.» – «Ceux qui ont cette attitude savent pourtant que la précédente existe», dis-je. – «Oui, mais ils ne parviennent pas à l'assumer.» Littell

 

une tonne de plumes

 

Un nouveau plongeur était déjà debout au-dessus du vide. Le regard loin devant lui. Concentré, casqué, ganté. Bras en croix. Pieds joints. L'extrémité de l'élastique solidement fixé à ses chevilles. Silence général. Attente. Il inspire profondément puis, dans un cri immense, il plonge, piquant droit dans le gouffre, droit dans le noir, dans cette piscine absurde, cette ombre humide, comme s'il allait se fracasser, tout au fond, sur les roches luisantes. Bien sûr, la dernière seconde, l'élastique se tendait, s'étirait, se tendait encore, ralentissait la chute libre, la freinait de plus en plus, la ralentissait selon une longueur précisément calculée et,

 

                                  à l'instant où l'homme aurait dû s'écraser sur le sol,

                                                                 il rebondissait, repartait vers le ciel,

 

le long fil ondulant mollement derrière lui. Et le corps retombait. Puis il rebondissait encore. L'homme criait avec de plus en plus d'allégresse. Yo-Yo humain. Pendule gigantesque. Le cœur de Vollard battait, se soulevait. Ce mélange familier de nausée et d'angoisse. […] «Qu'ont-ils eux, que je n'ai pas? Pourquoi peuvent-ils sauter? Vivre comme ils sautent? Respirer, se parler, regarder les choses avec légèreté?» Péj

 

comme les arbres, parfois, j'ai la tête en bas

toi aussi, d'après les échos, t'as les racines dans le ciel

 

le système le plus simple pour grandir était de rester le plus possible debout baricco

 

Gershwin sourit.

Par Floriane :: 06/02/2008 à 8:07

l’aube nait la nuit

aux petites heures des souvenirs avortés

sur ses yeux elle compte les années lumières

se rappelle cette bouche gourmande

ouverte sur le monde

comme la porte

du livre

qui promettait la liberté

 

à midi

mademoiselle fait le soleil dans son lit

se déguise en point jaune

et rêve d’éclipse

 

jaune, jaune, jaune

 

le soleil a la couleur du rire

et après avoir levé la tête

s’étiole un peu

part de traviole

et chute

 

chut

 

mademoiselle fait le soleil dans son lit

elle a

un point de côté

qui lui bouffe le sein gauche

elle se sent vieille

et toute fripée

 

fracas

 

l’horizon rentre au port en fanfare

le phare fait pâle figure

décidément

même les soleils s’y jettent

 

elle se replie

fait boule de neige

 

elle n’est pas dans son assiette

 

non, non, non

décidément

décidément!

 

elle n’est pas dans son assiette

 

elle aurait bien aimé, elle

y être

la possibilité de s’avaler tout rond

être

de ne faire qu’une bouchée

des lèvres ouvertes

qu'une bouchée du monde

des souvenirs

des soleils

des portes sans serrure

des livres libres

 

rond, rond, rond

comme le soleil qu’elle singe parfois

comme une boule de neige

comme une assiette vide

un point

aussi jaune que le blanc

rond comme un oeuf

rond comme la vie

 

et la nuit? on n’en aurait pas parlé

 

la nuit serait restée sur sa faim

 

Par Floriane :: 06/02/2008 à 8:04

I.

 

L’immobilité de l’homme

 

les certitudes manquent à l’appel

l’amour en pyjama

a perdu ses zébrures

 

cet homme ne s’appelle pas Paul

son nom est un étranger

 

déjà il ne crie plus

il chuchote dans sa barbe

il se tait

 

car l’homme ne porte plus de nom

mais une barbe

 

la Terre ne sera jamais blanche

les mots sont cannibales

et voilà qu’ils n’existent plus

 

ils s’avalent

et se digèrent

sans demander leur reste

 

les rêves passent leur tour

cette fois-ci

ils ont pris du retard

ils sont restés cloués

derrière

fixés sur l’impossible

 

II.

 

La femme immobile

 

elle s’est tue

longtemps

longtemps

tellement

qu’elle se croyait muette

 

et voilà qu’elle crie

plus fort que l’amour

 

parfois elle se tue

juste un peu

mais c’est pour mieux vivre

 

elle peint des rayures sur le monde

comme des trains

qui ne vont nulle part

mais qui vont partout

et qui finissent par en faire le tour

des trains qui vont partout

pour revenir

 

elle sait, la femme

que tout bouge

que tout file

et que la Terre est ronde

même quand elle ne tourne plus

 

elle sait

quand son regard se pose sur l’homme

sur l’homme qui fixe tout

quand son regard à elle

reste fixé lui aussi

sur l’immobilité de l’homme

qu’il incline vers le sol

comme un fardeau

 

l’homme immobile

dans la fatalité du monde

qui pèse sur les épaules de son cœur

 

quand la révélation est étrangère

comme son nom

et que tout devient révolu

 

elle sait, la femme

que rien vraiment n’est immuable

les certitudes

et la vie

et les fleurs

et l’amour

et la peau sous la peau

et les mots volubiles

et les miettes dans les cœurs

et les regards à l’eau

et les bouches de métro

et les lettres endormies

et les rêves oubliés

sur le bas-côté de la vie

et les toiles de Van Gogh

qui tournent comme la Terre

qui tourne

même quand elle ne tourne plus

 

elle sait, la femme

elle sait

 

que tout est possible

et que rien n’est figé

 

que la liberté existe

même quand la Terre est blanche

 

surtout quand la Terre est blanche

Par Floriane :: 01/02/2008 à 22:16

 

«Alors elle avait forcé un peu sa toux pour lui infliger quand même des remords. Ainsi le petit prince, malgré la bonne volonté de son amour, avait vite douté d’elle. Il avait pris au sérieux des mots sans importance, et était devenu très malheureux.

 

« J’aurais dû ne pas l’écouter, me confia-t-il un jour, il ne faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m’en réjouir. Cette histoire de griffes, qui m’avait tellement agacé, eut dû m’attendrir… »

 

Il me confia encore : «Je n’ai alors rien su comprendre! J’aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m’embaumait et m’éclairait. Je n’aurais jamais dû m’enfuir! J’aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires!»».

Regardez-les, comme ils sont loin du sol.

Par Floriane :: 04/06/2007 à 5:26

ÉCRIRE.

Par Floriane :: 04/06/2007 à 5:14

Des images pour Valentin & Jilbert.

Par Floriane :: 31/05/2007 à 16:28

 

Océan mer de Baricco. (Un bijou)

Par Floriane :: 28/05/2007 à 17:40

« Sur le rebord de la fenêtre de Bartleboom, ils étaient deux, cette fois-là, à être assis. Le petit garçon habituel. Et Bartleboom. Les jambes pendant, au dessus du vide. Le regard pendant, au dessus de la mer.

-         Écoute Dood…

Dood, c’est son nom au petit garçon.

-         Toi qui es toujours ici…

-         Mmmmmh.

-         Tu dois le savoir, toi.

-         Quoi ?

-         Où ils sont, les yeux de la mer ?

-        

-         Parce qu’elle en a, hein ?

-         Oui.

-         Et où diable est-ce qu’ils sont, alors ?

-         Les bateaux.

-         Comment ça les bateaux ?

-         Les bateaux sont les yeux de la mer.

Il en reste pétrifié, Bartleboom. Ça, vraiment, il n’y avait jamais pensé.

-         Mais des bateaux, il y en a des centaines…

-         Et elle, elle a des centaines d’yeux. Vous ne voudriez quand même pas qu’elle doive se débrouiller avec deux.

-         Effectivement. Avec tout ce qu’elle a à faire. Et grande comme elle est. Il y a un certain bon sens là-dedans.

-         Oui mais alors, excuse moi…

-         Mmmmmh.

-         Et les naufrages ? Les tempêtes, les typhons, toutes ces choses… Pourquoi avalerait-elle tous ces bateaux, si c’étaient ses yeux ?

Il a presque l’air impatienté, Dood, quand il se tourne vers Bartleboom et dit

-         Et vous… vous ne les fermez jamais, vos yeux ?

Fichtre. Il a réponse à tout, cet enfant.

Il réfléchit, Bartleboom. Il réfléchit et rumine et cogite et raisonne. Puis, d’un bond, il saute de la fenêtre. Côté chambre, s’entend. Il faudrait avoir des ailes pour sauter de l’autre côté.

-         Plasson… je dois trouver Plasson… Il faut que je lui dise… bigre, ça n’était pas si difficile, il suffisait de réfléchir un peu.

Haletant, il cherche son chapeau de laine. Ne le trouve pas. Évidemment : il est sur sa tête. Il renonce. Quitte la chambre en courant.

-         À plus tard, Dood.

-         À plus tard.

Il reste là, le petit garçon, les yeux fixés sur la mer. Il y reste un petit bout de temps. Puis il regarde bien autour de lui pour voir s’il n’y a personne et, d’un bond, saute de la fenêtre. Côté plage, s’entend. »

Cadeau de Lydwine.

Par Floriane :: 13/05/2007 à 19:21

Pause Gainsbourg.

Par Floriane :: 13/05/2007 à 19:19

Par Floriane :: 06/05/2007 à 2:56

Soirée anniversaire surprise.

Par Floriane :: 06/05/2007 à 1:23





Pause Gainsbourg. [De circonstance]

Par Floriane :: 06/05/2007 à 0:43

Se vêtir de conscience.

Par Floriane :: 03/05/2007 à 3:44

Achat du jour. OOM

Pensée du jour.

Par Floriane :: 01/05/2007 à 1:06

Plonge dans l'ÉTONNEMENT et la STUPÉFACTION sans limites, ainsi tu peux être sans limites, ainsi tu peux être infiniment.

[Eugène Ionesco]

Pluie de convictions.

Par Floriane :: 01/05/2007 à 0:59

Lien

OUI, à la gratuité scolaire !

Par Floriane :: 30/04/2007 à 19:47

Like you and me ?

Par Floriane :: 29/04/2007 à 4:57

Chaque COEUR est une cellule RÉVOLUTIONNAIRE.

Sourire - c'est oublier la grimace. [Gunnar Björling]

Par Floriane :: 29/04/2007 à 4:27

Rose.

Par Floriane :: 25/04/2007 à 2:28

La ROSE est sans pourquoi.

[Angelus Silesius]

 

Avril contrasté.

Par Floriane :: 22/04/2007 à 1:11

 

Un petit tour dans ma bibliothèque du moment.

Par Floriane :: 22/04/2007 à 1:08

Pause Gainsbourg.

Par Floriane :: 11/04/2007 à 23:41

Ustedes y nosotros *Mario Benedetti

Par Floriane :: 11/04/2007 à 23:27

Ustedes cuando aman
exigen bienestar
una cama de cedro
y un colchón especial

nosotros cuando amamos
es
fácil de arreglar
con sábanas qué bueno
sin sábanas da igual

ustedes cuando aman
calculan interés
y cuando se desaman
calculan otra vez

nosotros cuando amamos
es
como renacer
y si nos desamamos
no la pasamos bien

ustedes cuando aman
son de otra magnitud
hay fotos chismes prensa
y el amor es un boom

nosotros cuando amamos
es un amor común
tan simple y tan sabroso
como tener salud

ustedes cuando aman
consultan el reloj
porque el tiempo que pierden
vale medio millón

nosotros cuando amamos
sin prisa y con fervor
gozamos y nos sale
barata la función

ustedes cuando aman
al analista van
él es quien dictamina
si lo hacen bien o mal

nosotros cuando amamos
sin tanta cortedad
el subconsciente piola
se pone a disfrutar

ustedes cuando aman
exigen bienestar
una cama de cedro
y un colchón especial

nosotros cuando amamos
es fácil de arreglar
con sábanas qué bueno
sin sábanas da igual.

BOUM.

Par Floriane :: 11/04/2007 à 23:24

Pause Gainsbourg.

Par Floriane :: 05/04/2007 à 20:03

L'idéal.

Par Floriane :: 05/04/2007 à 5:37

 

 

* Mais je pourrais me contenter de TOI.

DUMAS. [Le 7 avril]

Par Floriane :: 27/03/2007 à 21:14

 

    Fixer le temps

                                Qui lentement voltige.

Arrêter tout mouvement. Compter les étoiles.

         Porté par l’élan

                                                      Des moteurs à réaction

                               En subir la poussée

    Se projeter dans l’avenir.

                   Le temps ne laissera que des poussières

      Laisser derrière les amours usés.

                                                                 Combien d’étoiles pour un trou noir.

                     Fixer le ciel

Par Floriane :: 03/03/2007 à 6:56

 

"Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois."

 

*Pierre Dumayet

Par Floriane :: 02/03/2007 à 4:03

 

 

« Mais moi, malheureusement, je ne sais pas voir les moutons à travers les caisses. Je suis peut-être un peu comme les grandes personnes. J’ai dû vieillir. »

 

*Saint-Exupéry.

...

 

[Reconvertissez-moi à l’enfance.]

Cut the parachute before the dive.*

Par Floriane :: 02/03/2007 à 3:46

*Mon roi est un valet de coeur.

Love is like an aero plane
You jump and then you pray
The lucky ones remain
In the clouds for days
If life is just a stage
Let's put on the best show
And let everyone know

...


Tu exploses dans ton excentricité. Sur une scène. Dans ma vie.
Je t'ai peint. Sans visage, une
fleur entre les doigts. Je veux ma vie impressionniste.
Alors, tends moi la main.

[Because I do believe it too.]

PS. Vous aviez raison...
Mon coeur est une cour d'école.

Par Floriane :: 10/02/2007 à 2:53

                         

"Il y a des fous tellement fous que rien ne pourra jamais leur enlever des yeux la fièvre d'amour.

 

Qu'ils soient bénis.

 

C'est grâce à eux que la terre est ronde et que l'aube chaque fois se lève, se lève, se lève..."

 

* Christian Bobin

 

Par Floriane :: 28/12/2006 à 0:34

 

La vie est d'une douceur immaculée ici. Dans le ciel blanc, les arbres dansent, nus et sans pudeur. Les flocons aussi passent leur temps à valser et finissent par s'étioler étourdis.

* L'hémisphère nord de mon coeur s'enneige.


*Le monde lentement tourne et glisse sans limite
Le bleu du ciel défile entre nos doigts
Et mon coeur qui bat
Le bonheur gît quelque part* 
Dumas.

J'ai faim du monde.

Et j'envie les baobabs qui n'ont qu'à tendre leurs branches pour chatouiller le soleil. Ma tête est déjà remplie des couleurs d'ailleurs. *Yendane.

L'univers n'est qu'un entremêlement de routes à la déroute. D'avions qui décollent. D'images circulaires. Moi, j'ai la liberté sur le bout de mes pieds.


[The world is my backyard.]

PS. Envol dans deux jours.

La vie en rose.

Par Floriane :: 16/12/2006 à 4:04

 

Tu tourbillonnes
Au coeur du romanesque
Un sourire déboutonné
Jusqu'aux étoiles

Tu me lances des ciao bella
Comme si tu m'offrais
Un bouquet de nuits blanches
Tes cheveux en pagaille
Viennent s'égarer dans ma vie

Alors, alors...
Mes pinceaux s'amusent
À chatouiller l'indiluable
Et dans mon ciel éraflé
Qui se barbouille parfois
À grands coups de fusain
Même le béton fleurit

PS. Chuchote-moi... Heureux, heureux à en mourir. [Cap?]

Simplement. Tout simplement.

Par Floriane :: 14/10/2006 à 4:36

CROQUER LA VIE...

À pleines dents.

Tourner en rond.*

Par Floriane :: 08/10/2006 à 0:50

 

Ta langue, ce poisson rouge dans le bocal de ta voix.

(Paul Éluard)

 

Glou.

...

*À l'envers du ciel.

Par Floriane :: 08/10/2006 à 0:30

 

*Le monde ne tourne pas dans un chapeau melon.

Tout m'envole,
Le ciel carotté
Les avions de papier.

Je ne suis que débordement

Lorsque mes paupières
S'entrouvrent,
Lorsque la vie bat
De tout son pouls
Sur ma joue.

J'irai éclore,
Loin des parapluies en fleurs
Et des silences ouatés

Vivre,
Pour ta beauté figée,
Tes vingt-neuf ans immobiles,
Ma jeunesse éternelle.

J'irai,
A la copa del árbol de papel,
Là où l'on entend encore chanter
Le rossignol andalou.


*

[Envole-moi.]

 

PS. [Photo de *Chloé]

Smarties. Égo en vrac...

Par Floriane :: 28/07/2006 à 16:30

 

 

 

Le bonheur parfait selon moi ?

Est facile à trouver

 

Ce qui me fait le plus plaisir dans la vie ?

La simplicité.

 

Ce qui m’emmerde le plus ?

Les gens bornés et la prétention, les trop plein d’amour propre.

 

Ce qui me fait me lever le matin ?

L’envie.

 

Mon principal trait de caractère ?

Perfectionnisme.

 

Mon principal défaut ?

Ma timidité.

 

Mes héros ou héroïnes, aujourd’hui ?

Ceux qui vont au bout de leurs rêves.

 

Une figure historique à laquelle je m’identifie  le plus ?

À personne en particulier.

 

Mon héros de fiction ?

Dafna et Mademoiselle Liberté d’Alexandre Jardin.

 

Le voyage que je rêverais de faire ou refaire ? Et pourquoi ?

Un tour du monde. Pour vivre. Parce que la réalité dépasse de loin l’imagination.

 

Mes qualités préférées chez un homme ?

L’ouverture d’esprit, l’intégrité et l’humour.

 

Mes qualités préférées chez une femme ?

L’ouverture d’esprit, l’intégrité et l’humour.

 

Mes écrivains préférés ?

Alexandre Jardin, Paulo Coelho, Nina Bouraoui, Christian Bobin entre autre.

 

Mes poètes préférés ?

Prévert et Éluard.

 

Le plus beau poème de la langue française, selon moi ?

Les enfants qui s’aiment de Prévert et Il meurt lentement de Pablo Neruda.

 

Mon compositeur préféré ?

Yann Tiersen.

 

Mes chanteurs ou chanteuses préférés ?

Brassens, Brel, Gainsbourg, The Beatles, Pauline Croze, Keren Ann, Piaf, Pierre Lapointe tant et tant d’autre.

 

Mon livre culte ?

Le Petit Prince de Saint-Exupéry.

 

Mon peintre préféré ?

Van Gogh.

 

Mon film culte ?

Jeux d’enfants et Le fabuleux destin d’Amélie Poulain.

 

Mon acteur préféré ?

Charlie Chaplin.

 

Mon plus grand regret ?

Je n’en ai pas.

 

Mon plus beau souvenir ?

Des rencontres.

 

Le talent que je voudrais avoir ?

Tant Mais comme l’a dit Brel : « Le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est d’avoir envie de faire quelque chose. »

 

Ce qui m’est le plus cher ?

Les gens qui font tourner mon univers.

 

Ce que je déteste par-dessus tout ?

Le nombrilisme et l’indifférence.

 

Mon occupation préférée ?

Je crayonne

 

Ma plus grande peur ?

Ne plus être émerveillée par la vie.

 

Mon épitaphe… ?

*Il faut bien que tout le monde vive

Alors tuez-vous un peu

Allons, allons

Voyons

Soyons sérieux

Laissez la place

Vous savez bien que vous ne pouvez pas rester là

Trop longtemps

Il faut bien qu’il y en ait pour tout le monde

Un petit tour on vous l’a dit

Un petit tour du monde

Un petit tour dans le monde

Un petit tour et on s’en va.*

(Prévert)

 

Ce que je dirais à Dieu, si je le rencontrais ?

Comme quoi, parfois, on a bien tort de ne pas croire ce que l’on a du mal à comprendre.

 

Ce que j’aimerais qu’il me réponde ?

* Sourire.

Avion de papier.

Par Floriane :: 30/05/2006 à 14:16

 

 

 

 

Funambule.

La vie penche pour le vertige. Avec désinvolture.

 

C’est l’avalanche. Une giboulée d’envies...

Des rêves nomades en poupées russes et mes paupières en parachutes sur un ciel bleu aquarelle.

 

Ici, les parapluies fleuriront toujours.

 

Caprice.

 

  *Allez viens, on s’emmène rattraper le bout du monde, il

   vient juste de passer.*