.
Y'a des jours comme ça, où tout suffit à tout.
Soleil
une tablette de chocolat noir à l'orange
l'envie d'un tour du monde en tandem
à la recherche des gens heureux
et des pensées transatlantiques
«Une course à faire à Châtelet et trente minutes de rab avant de devoir me trouver à la sortie de l’école de cet affreux mioche que je garde. Sur le chemin, le Palais Royal. Je me souviens que c’est un thème du journal. Hé bien, passons-y! On verra si je suis inspirée ou non.
Premier regard à l’intérieur de cette cour et deux impressions me sautent aux yeux. D’abord, le souvenir d’avoir joué, petite, parmi ces plots, comme ces gamins là-bas. Ensuite, ce choc esthétique qui me prend. Si, petite, ces plots zébrés m’amusaient… aujourd’hui ils me semblent tellement déplacés dans cette enceinte ancienne.
En avançant, j’ai un regard curieux pour ce vieux magasin en boiseries, plus loin, qui sent la poussière à vue d’œil. Et puis, ces deux fontaines-boules-de-pétanque. Elles m’amusent. Elles ne sont pas dans le bon décor, certes, mais j’aime bien le jeu de reflets qu’elles provoquent. Je regrette de ne pas avoir mon appareil photo sous la main, je me serais amusée.
Dans la cour-jardin, je reste dubitative. Quatre rangées d’arbres trop taillés, une pelouse engrillagée, interdite d’accès. Des hommes et des femmes pressés, qui traversent en diagonale, en courant à moitié, les différentes cours. Des touristes qui prennent tout en photo. Il vient de pleuvoir, il fait gris, s’ils sont intelligents, ils feront du noir et blanc, encore que le sépia conviendrait peut-être mieux à ce manque de lumière contrastante. Le couple qui se prend alternativement en photo, posant devant les différents éléments, décoratifs ou non, du jardin n’aura probablement pas l’idée de ces traitements photographiques. Non, le but, c’est de dire qu’on y était. Que c’est bien nous qui avons pris la photo, puisqu’on est dessus. (Prendre le temps d’écouter « Les épices du Souk du Caire », surtout à partir de la deuxième minute). Celui qui prend en photo la grande fontaine au fond, on peut espérer qu’il fera de la photo belle et non de la photo souvenir. Son angle de vue est original, il à l’air de chercher un rayon de lumière, du contraste. Décidemment, j’aurais eu mon appareil, je me serais vraiment amusée. J’aurais photographié ce photographe qui photographie. J’ai une jolie vue de mon côté aussi!
De tout le jardin, l’endroit que je fini par trouver le plus sympathique, c’est lorsqu’on se plante entre la grosse fontaine et la pelouse emprisonnée, bien au milieu, perpendiculairement. De là, en regardant en l’air, en tournant, on remarque la parfaite similitude entre les étages : enchaînement fenêtres et potiches de terre cuite, et sur le toit, des velux équidistants. Alors je tourne sur place pour les faire défiler, et l’envie soudaine me prend de retrouver ce vertige d’enfant de quand on se fait tourner et tourbillonner sur place. Et je tourne. Je m’arrête avec un grand sourire aux lèvres. Le photographe de la fontaine me regarde, il vient de baisser son appareil, il rit. Je sais qu’il m’a prise en photo. J’aurais fait pareil à sa place. Je lui souris de plus belle, et j’explose de rire. I love Paris. Je me la chante, je chante à haute voix.
Je n’aime pas cette cour. Mais je pense à ma Floriane, restée à Montréal, m’enviant cette vie à Paris. Et c’est pour elle que j’aime cette ville. C’est pour elle que je m’y balade, parce qu’elle ne supporterait pas que je n’en profite pas autant qu’elle le ferait. C’est pour elle que je prends des photos, à elle que je pense quand je vois des enfants courir après les pigeons en riant. C’est parce que ma meilleure amie est amoureuse de cette ville que je l’aime. C’est parce que Floriane aurait aimé ce mélange de modernité et de classique que j’y prends goût. C’est pour Floriane qu’en sortant de la cour par où je suis entrée, je me plante devant la libraire Delamain et que je choisi deux cartes postales en noir et blanc pour son anniversaire.» (X)

(Bouleau des quais de Seine.)
PUTAIN QUE C'EST BEAU LA VIE, QUAND MÊME.
«Ah non, pas l’autoroute, Momo, pas l’autoroute. Les autoroutes, ça dit : passez, y a rien à voir. C’est pour les imbéciles qui veulent aller le plus vite d’un point à un autre. Nous, on fait pas de la géométrie, on voyage. Trouve-moi de jolis petits chemins qui montrent bien tout ce qu’il y a à voir.» Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran d’Eric-Emmanuel Schmitt

Fleurir, toujours.


Joke-her.
«- Quelquefois je me demande ce que nous sommes en train d'attendre.
Silence.
- Qu'il soit trop tard, madame.»
Baric


oiseau sans plume
[copie parisienne
décidément, rien
de plus
léger que le sérieux
tonne de plumes ou tonne de plomb?
(inversement, proportionnel ou égal comme il dirait)
«2/ Commentez « Mettre un bémol à son jugement »
Il est faux? Non, il sonne faux! Bémolisons-le! Pour moi, ceci ne peut que me faire penser au débat du violoniste de concert, oreille absolue en 440, contre le claveciniste baroque… oreille absolue 435! Lequel a vraiment raison entre celui qui entend un Ré ou un Mib? Et si nous diézions notre jugement? Je ne mettrai de bémol à mon jugement que lorsque j’aurai chanté un Fa# et que celui-ci me dira qu’il sonne en Sol!
Note : A
Commentaire du prof : Je n’ai rien compris à votre commentaire mademoiselle, mais il m’amuse!»]
Bref,
aujourd'hui: collection de mots en b
a, g, j, z, e, r, i, p, q,w, x, m, l, d, f, t, h, etc. etc. etc.
C'est un peu le bordel, et j'ai les neurones en bouillie de betterave.

Tu m'as trahi et déplumée alouette, gentille alouette
Tu ne m'as laissé que mon duvet en me jetant sous la tempête
Je vois mes plumes sur tes chapeaux et j'les imagine dans ton cul
Je les sais dessus tes plumeaux et je ne te reconnais plus
Toi qui me laisse battre de l'aile, flanquer de pauvres coups d'épée dans l'eau
Lancer quelques regards au ciel et le trouver beaucoup trop haut
Tu m'as peut-être clouée au sol mais tu ne me cloueras pas le bec
Ma voix se faufile et s'envole même si c'est en claquant du bec
La Rue Kétanou
Ah pas con!
putain que je me marre
putain que ça ne prend toujours que trois fois rien
pour tout
comme les prises de décisions
les coups de tête
les résolutions
devenir un homme, (un vrai)

Pour les heures passées devant Manola.
l'art buvard
qui aspire
qui inspire
If I should buy jellybeans
Have to eat them all in just one sitting
Everything it seems I likes a little bit sweeter
A little bit fatter, a little bit harmful for me
ma vie laisse la fenêtre ouverte
(livres d'histoire - livres d'histoire = peinture plein les doigts)
je traîne une vieille odeur de cigarette dans mes poches depuis jeudi
déblatérations philosophiques dans le salon de Pierrot
dehors c'est toujours le pôle nord
j’ai promis d’être rouge, orange, bleu, verte
bronzage sur la banquise?
le gris au tiroir ou la métamorphose du perroquet
(je tue le temps en faisant des overdoses de fraises tagada)
«J'ai mis mon képi dans la cage et je suis sorti avec l'oiseau sur la tête.» (Prévert)
Même si Camille chante. chante. chante. chante. chante.
Hé! petite fille tu bois de l'eau et tu es saoule là où tu te noies tu as beau avoir pied tu coules au port Hé! petite folle! c'est pas la brasse c'est le crawl pour la traversée il t'aurait fallu des épaules du corps Mais lui c'est différent, il est né sur l'océan, c'est un grand capitaine, un amant monument, tu t'es perdue dedans... Hé! petite fille! on est jamais deux à partir y'en a toujours un pour larguer l'autre pour languir au port Hé! petite cruche! avec tes pots de confiture tu partiras en sucette mais pas à l'aventure au Nord. Mais lui c'est différent, il est né sur le Mont Blanc, c'est un grand alpiniste, un amant monument, tu as perdu sa piste... Hé! petite nonne! suis l'Au-delà si tu le trouves le ramène pas au cardinal pour qu'il te l'ouvre encore Hé! petite larve! je suis toi-même et je te parle tu es déjà grande alors lève toi sors de ta cale. Au port ton cœur de petite fille est mort.
Hé! petite fille! à ta droite l'Arc de Triomphe
Hé! petite fille! à ta gauche il y a dieu qui ronfle
Hé! petite fille! devant il y a les pyramides
Hé! petite fille! derrière le génie de la Bastille.
écorchure
.

- «Comment réagirais-tu si je te l’envoyais en pleine figure? le défiai-je en faisant sauter le fruit dans ma main.
Le sourire d’Hassan s’évanouit. Il me parut plus vieux que je ne l’avais jamais vu. Non, pas plus vieux, mais vieux. Était-ce possible? Son visage bronzé s’était creusé de rides qui encadraient ses yeux et sa bouche. J’aurai tout aussi bien pu les graver moi-même avec un couteau.
- Comment réagirais-tu? répétai-je.
Il pâlit. À côté de lui, la brise agitait les pages agrafées de l’histoire que j’avais promis de lui lire. Je lançai de toutes mes forces le projectile, lequel l’atteignit en plein poitrine et le macula de pulpe rouge. Hassan poussa un cri de surprise et de douleur.
- Frappe-moi! lui ordonnai-je.
Son regard navigua entre la tache sur son torse et moi.
- Lève-toi! Frappe-moi!
Il se redressa enfin, mais resta immobile, l’air abasourdi, tel un homme entraîné au large par un courant marin alors que quelques instants plus tôt seulement il savourait une tranquille balade sur la plage.
Une nouvelle grenade le toucha cette fois à l’épaule. Le jus lui éclaboussa la figure.
- Frappe-moi! criai-je. Frappe-moi, bon sang!
J’aurai voulu qu’il riposte. Qu’il m’inflige la correction à laquelle j’aspirai tant, pour qu’enfin je retrouve le sommeil. Peut-être les choses reviendraient-elles alors comme avant entre nous. Il ne se défendit toutefois pas davantage lorsque je me mis à le mitrailler.
- Lâche! l’insultai-je. Tu n’es qu’un lâche!
J’ignore combien de temps je m’acharnai ainsi sur lui. Je ne suis sûr que d’une chose : il était si barbouillé de rouge à la fin que l’on l’eût dit passé devant un peloton d’exécution. Je tombai à genoux, épuisé, haletant, frustré.
Ce fut le moment qu’il choisit pour ramasser un fruit. Il s’approcha de moi, l’ouvrit en deux et l’écrasa contre son front.
- Voilà, lâcha-t-il d’une voix rauque, tandis que le jus coulait tel du sang sur ses joues. Vous êtes satisfait? Vous vous sentez mieux?» K. Hossein
.
.
.

- « Comment le sais-tu?
- Je le sais.
- Mais comment peux-tu en être si sûr?
Il pivota vers moi. Quelques gouttes de sueurs dégoulinèrent de son crâne rasé.
- Croyez-vous que je vous mentirais, Amir agha?
Je décidai brusquement de m’amusait à ses dépens.
- Aucune idée. Tu me mentirais, Hassan?
- Plutôt avaler des excréments! s’indigna-t-il.
- Vraiment? Tu irais jusque là?
- Où? s’enquit-il, perplexe.
- Jusqu’à avaler des excréments si je te le demandais.
[…]
- Si vous me le demandiez, oui, répondit-il enfin.
Je baissai la tête. Aujourd’hui encore, les gens comme lui m’intimident, ces gens qui pensent sincèrement tout ce qu’ils disent.
- Mais je me pose une question, Amir agha. Seriez-vous capable de m’ordonner une chose pareille?
Et ainsi, le plus simplement du monde, il m’imposa son propre test. Puisque j’étais décidé à le faire marcher et à défier sa loyauté, il me rendait la pareille en mettant mon intégrité à l’épreuve.
Je regrettai d’avoir entamé cette conversation.
- Ne sois pas stupide, rétorquai-je, faussement jovial, tu te doutes bien que non.
Il me retourna mon sourire. À cette différence près que le sien ne paraissait pas forcé.
- Je sais, avoua-t-il.
Tel est le problème avec ceux qui ne s’expriment jamais en toute franchise : ils sont persuadé que chacun agit comme eux.»
«Dis Papa c’est quoi les hommes?
Ce sont des princes des mendiants et des fous
Des artistes et des gueux
Des loups et des agneaux
Des très petites choses fragiles et admirables qu’un rien suffit à vaincre
Des montagnes éternelles où naissent les ruisseaux
Dis Papa c’est quoi la vie?
Une belle aventure un jeu de mains sans les vilains
Une chimère qui pousse et resplendit
Un oranger aux racines profondes
Un voyage immobile qui nous charme et nous change
Dis Papa c’est quoi le mal?
C’est la bêtise des hommes qui parfois vont se perdre
Dans des sentiers de pierre
Et prennent des cailloux pour les lancer en l’air
Dis Papa c’est quoi la mort?
Une erreur une maison dans laquelle on s’endort
Un songe un grand oubli
Un vieux malentendu
Un chien très fatigué qui oublie sa douleur en se couchant heureux
Près d’un feu un beau soir»


peut-être qu'un jour on finit par ravaler sa connerie
par prendre ses souliers à deux mains
pour cogner aux portes claquées
comme si de rien n'était
rembobinner les vieilles cassettes
![]()
rhapsody in blue
café chez Eva B?
jupe à pois et chocolat perruque et lunettes en coeur
piano et peinture
la joie des additions 1+1 = 1 comme 0 + 0 + 0 + 0 donne 0
une vie binaire quoi
«Voyez-vous, il y a à mon sens trois attitudes possibles devant cette vie absurde. D'abord l'attitude de la masse, hoï polloï, qui refusent simplement de voir que la vie est une blague. Ceux-là n'en rient pas, mais travaillent, accumulent, mastiquent, défèquent, forniquent, se reproduisent, vieillissent et meurent comme des bœufs attelés à une charrue, idiots comme ils ont vécu. C'est la grande majorité. Ensuite, il y a ceux, comme moi,
qui savent que la vie est une blague et qui ont le courage d'en rire,
à la manière des taoïstes et de votre Juif. Enfin, il y a ceux, et si mon diagnostic est exact votre cas, qui savent que la vie est une blague, mais qui en souffrent. C'est comme votre Lermontov, que j'ai enfin lu: Jizn takaïa poustaïa i gloupaïa choukta, écrit-il.» Je connaissais maintenant assez de russe pour comprendre et compléter: «Il aurait dû ajouter : i groubaïa, "une blague vide, idiote et sale"» – «Il l'a certainement pensé. Mais ça aurait ruiné la scansion.» – «Ceux qui ont cette attitude savent pourtant que la précédente existe», dis-je. – «Oui, mais ils ne parviennent pas à l'assumer.» Littell
une tonne de plumes
Un nouveau plongeur était déjà debout au-dessus du vide. Le regard loin devant lui. Concentré, casqué, ganté. Bras en croix. Pieds joints. L'extrémité de l'élastique solidement fixé à ses chevilles. Silence général. Attente. Il inspire profondément puis, dans un cri immense, il plonge, piquant droit dans le gouffre, droit dans le noir, dans cette piscine absurde, cette ombre humide, comme s'il allait se fracasser, tout au fond, sur les roches luisantes. Bien sûr, la dernière seconde, l'élastique se tendait, s'étirait, se tendait encore, ralentissait la chute libre, la freinait de plus en plus, la ralentissait selon une longueur précisément calculée et,
à l'instant où l'homme aurait dû s'écraser sur le sol,
il rebondissait, repartait vers le ciel,
le long fil ondulant mollement derrière lui. Et le corps retombait. Puis il rebondissait encore. L'homme criait avec de plus en plus d'allégresse. Yo-Yo humain. Pendule gigantesque. Le cœur de Vollard battait, se soulevait. Ce mélange familier de nausée et d'angoisse. […] «Qu'ont-ils eux, que je n'ai pas? Pourquoi peuvent-ils sauter? Vivre comme ils sautent? Respirer, se parler, regarder les choses avec légèreté?» Péj
comme les arbres, parfois, j'ai la tête en bas
toi aussi, d'après les échos, t'as les racines dans le ciel
le système le plus simple pour grandir était de rester le plus possible debout baricco

Gershwin sourit.
l’aube nait la nuit
aux petites heures des souvenirs avortés
sur ses yeux elle compte les années lumières
se rappelle cette bouche gourmande
ouverte sur le monde
comme la porte
du livre
qui promettait la liberté
à midi
mademoiselle fait le soleil dans son lit
se déguise en point jaune
et rêve d’éclipse
jaune, jaune, jaune
le soleil a la couleur du rire
et après avoir levé la tête
s’étiole un peu
part de traviole
et chute
chut
mademoiselle fait le soleil dans son lit
elle a
un point de côté
qui lui bouffe le sein gauche
elle se sent vieille
et toute fripée
fracas
l’horizon rentre au port en fanfare
le phare fait pâle figure
décidément
même les soleils s’y jettent
elle se replie
fait boule de neige
elle n’est pas dans son assiette
non, non, non
décidément
décidément!
elle n’est pas dans son assiette
elle aurait bien aimé, elle
y être
la possibilité de s’avaler tout rond
être
de ne faire qu’une bouchée
des lèvres ouvertes
qu'une bouchée du monde
des souvenirs
des soleils
des portes sans serrure
des livres libres
rond, rond, rond
comme le soleil qu’elle singe parfois
comme une boule de neige
comme une assiette vide
un point
aussi jaune que le blanc
rond comme un oeuf
rond comme la vie
et la nuit? on n’en aurait pas parlé
la nuit serait restée sur sa faim

I.
L’immobilité de l’homme
les certitudes manquent à l’appel
l’amour en pyjama
a perdu ses zébrures
cet homme ne s’appelle pas Paul
son nom est un étranger
déjà il ne crie plus
il chuchote dans sa barbe
il se tait
car l’homme ne porte plus de nom
mais une barbe
la Terre ne sera jamais blanche
les mots sont cannibales
et voilà qu’ils n’existent plus
ils s’avalent
et se digèrent
sans demander leur reste
les rêves passent leur tour
cette fois-ci
ils ont pris du retard
ils sont restés cloués
derrière
fixés sur l’impossible
II.
La femme immobile
elle s’est tue
longtemps
longtemps
tellement
qu’elle se croyait muette
et voilà qu’elle crie
plus fort que l’amour
parfois elle se tue
juste un peu
mais c’est pour mieux vivre
elle peint des rayures sur le monde
comme des trains
qui ne vont nulle part
mais qui vont partout
et qui finissent par en faire le tour
des trains qui vont partout
pour revenir
elle sait, la femme
que tout bouge
que tout file
et que la Terre est ronde
même quand elle ne tourne plus
elle sait
quand son regard se pose sur l’homme
sur l’homme qui fixe tout
quand son regard à elle
reste fixé lui aussi
sur l’immobilité de l’homme
qu’il incline vers le sol
comme un fardeau
l’homme immobile
dans la fatalité du monde
qui pèse sur les épaules de son cœur
quand la révélation est étrangère
comme son nom
et que tout devient révolu
elle sait, la femme
que rien vraiment n’est immuable
les certitudes
et la vie
et les fleurs
et l’amour
et la peau sous la peau
et les mots volubiles
et les miettes dans les cœurs
et les regards à l’eau
et les bouches de métro
et les lettres endormies
et les rêves oubliés
sur le bas-côté de la vie
et les toiles de Van Gogh
qui tournent comme la Terre
qui tourne
même quand elle ne tourne plus
elle sait, la femme
elle sait
que tout est possible
et que rien n’est figé
que la liberté existe
même quand la Terre est blanche
surtout quand la Terre est blanche
«Alors elle avait forcé un peu sa toux pour lui infliger quand même des remords. Ainsi le petit prince, malgré la bonne volonté de son amour, avait vite douté d’elle. Il avait pris au sérieux des mots sans importance, et était devenu très malheureux.
« J’aurais dû ne pas l’écouter, me confia-t-il un jour, il ne faut jamais écouter les fleurs. Il faut les regarder et les respirer. La mienne embaumait ma planète, mais je ne savais pas m’en réjouir. Cette histoire de griffes, qui m’avait tellement agacé, eut dû m’attendrir… »
Il me confia encore : «Je n’ai alors rien su comprendre! J’aurais dû la juger sur les actes et non sur les mots. Elle m’embaumait et m’éclairait. Je n’aurais jamais dû m’enfuir! J’aurais dû deviner sa tendresse derrière ses pauvres ruses. Les fleurs sont si contradictoires!»».





« Sur le rebord de la fenêtre de Bartleboom, ils étaient deux, cette fois-là, à être assis. Le petit garçon habituel. Et Bartleboom. Les jambes pendant, au dessus du vide. Le regard pendant, au dessus de la mer.
- Écoute Dood…
Dood, c’est son nom au petit garçon.
- Toi qui es toujours ici…
- Mmmmmh.
- Tu dois le savoir, toi.
- Quoi ?
- Où ils sont, les yeux de la mer ?
- …
- Parce qu’elle en a, hein ?
- Oui.
- Et où diable est-ce qu’ils sont, alors ?
- Les bateaux.
- Comment ça les bateaux ?
- Les bateaux sont les yeux de la mer.
Il en reste pétrifié, Bartleboom. Ça, vraiment, il n’y avait jamais pensé.
- Mais des bateaux, il y en a des centaines…
- Et elle, elle a des centaines d’yeux. Vous ne voudriez quand même pas qu’elle doive se débrouiller avec deux.
- Effectivement. Avec tout ce qu’elle a à faire. Et grande comme elle est. Il y a un certain bon sens là-dedans.
- Oui mais alors, excuse moi…
- Mmmmmh.
- Et les naufrages ? Les tempêtes, les typhons, toutes ces choses… Pourquoi avalerait-elle tous ces bateaux, si c’étaient ses yeux ?
Il a presque l’air impatienté, Dood, quand il se tourne vers Bartleboom et dit
- Et vous… vous ne les fermez jamais, vos yeux ?
Fichtre. Il a réponse à tout, cet enfant.
Il réfléchit, Bartleboom. Il réfléchit et rumine et cogite et raisonne. Puis, d’un bond, il saute de la fenêtre. Côté chambre, s’entend. Il faudrait avoir des ailes pour sauter de l’autre côté.
- Plasson… je dois trouver Plasson… Il faut que je lui dise… bigre, ça n’était pas si difficile, il suffisait de réfléchir un peu.
Haletant, il cherche son chapeau de laine. Ne le trouve pas. Évidemment : il est sur sa tête. Il renonce. Quitte la chambre en courant.
- À plus tard, Dood.
- À plus tard.
Il reste là, le petit garçon, les yeux fixés sur la mer. Il y reste un petit bout de temps. Puis il regarde bien autour de lui pour voir s’il n’y a personne et, d’un bond, saute de la fenêtre. Côté plage, s’entend. »










Achat du jour. OOM
Plonge dans l'ÉTONNEMENT et la STUPÉFACTION sans limites, ainsi tu peux être sans limites, ainsi tu peux être infiniment.
[Eugène Ionesco]

Like you and me ?
Chaque COEUR est une cellule RÉVOLUTIONNAIRE.





Ustedes cuando aman
exigen bienestar
una cama de cedro
y un colchón especial
nosotros cuando amamos
es fácil de arreglar
con sábanas qué bueno
sin sábanas da igual
ustedes cuando aman
calculan interés
y cuando se desaman
calculan otra vez
nosotros cuando amamos
es como renacer
y si nos desamamos
no la pasamos bien
ustedes cuando aman
son de otra magnitud
hay fotos chismes prensa
y el amor es un boom
nosotros cuando amamos
es un amor común
tan simple y tan sabroso
como tener salud
ustedes cuando aman
consultan el reloj
porque el tiempo que pierden
vale medio millón
nosotros cuando amamos
sin prisa y con fervor
gozamos y nos sale
barata la función
ustedes cuando aman
al analista van
él es quien dictamina
si lo hacen bien o mal
nosotros cuando amamos
sin tanta cortedad
el subconsciente piola
se pone a disfrutar
ustedes cuando aman
exigen bienestar
una cama de cedro
y un colchón especial
nosotros cuando amamos
es fácil de arreglar
con sábanas qué bueno
sin sábanas da igual.



* Mais je pourrais me contenter de TOI.

Qui lentement voltige.
Arrêter tout mouvement. Compter les étoiles.
Porté par l’élan
Des moteurs à réaction
En subir la poussée
Se projeter dans l’avenir.
Le temps ne laissera que des poussières
Laisser derrière les amours usés.
Combien d’étoiles pour un trou noir.
Fixer le ciel


"Lire est le seul moyen de vivre plusieurs fois."
*Pierre Dumayet

« Mais moi, malheureusement, je ne sais pas voir les moutons à travers les caisses. Je suis peut-être un peu comme les grandes personnes. J’ai dû vieillir. »
*Saint-Exupéry.
...
[Reconvertissez-moi à l’enfance.]

*Mon roi est un valet de coeur.
Love is like an aero plane
You jump and then you pray
The lucky ones remain
In the clouds for days
If life is just a stage
Let's put on the best show
And let everyone know
...
Tu exploses dans ton excentricité. Sur une scène. Dans ma vie.
Je t'ai peint. Sans visage, une fleur entre les doigts. Je veux ma vie impressionniste.
Alors, tends moi la main.
[Because I do believe it too.]
PS. Vous aviez raison... Mon coeur est une cour d'école.

Qu'ils soient bénis.
C'est grâce à eux que la terre est ronde et que l'aube chaque fois se lève, se lève, se lève..."
* Christian Bobin
La vie est d'une douceur immaculée ici. Dans le ciel blanc, les arbres dansent, nus et sans pudeur. Les flocons aussi passent leur temps à valser et finissent par s'étioler étourdis.
* L'hémisphère nord de mon coeur s'enneige.

*Le monde lentement tourne et glisse sans limite
Le bleu du ciel défile entre nos doigts
Et mon coeur qui bat
Le bonheur gît quelque part* Dumas.
J'ai faim du monde.
Et j'envie les baobabs qui n'ont qu'à tendre leurs branches pour chatouiller le soleil. Ma tête est déjà remplie des couleurs d'ailleurs. *Yendane.
L'univers n'est qu'un entremêlement de routes à la déroute. D'avions qui décollent. D'images circulaires. Moi, j'ai la liberté sur le bout de mes pieds.
[The world is my backyard.]
PS. Envol dans deux jours.

Tu tourbillonnes
Au coeur du romanesque
Un sourire déboutonné
Jusqu'aux étoiles
Tu me lances des ciao bella
Comme si tu m'offrais
Un bouquet de nuits blanches
Tes cheveux en pagaille
Viennent s'égarer dans ma vie
Alors, alors...
Mes pinceaux s'amusent
À chatouiller l'indiluable
Et dans mon ciel éraflé
Qui se barbouille parfois
À grands coups de fusain
Même le béton fleurit
PS. Chuchote-moi... Heureux, heureux à en mourir. [Cap?]
CROQUER LA VIE...

À pleines dents.

Ta langue, ce poisson rouge dans le bocal de ta voix.
(Paul Éluard)
Glou.
...

*Le monde ne tourne pas dans un chapeau melon.
Tout m'envole,
Le ciel carotté
Les avions de papier.
Je ne suis que débordement
Lorsque mes paupières
S'entrouvrent,
Lorsque la vie bat
De tout son pouls
Sur ma joue.
J'irai éclore,
Loin des parapluies en fleurs
Et des silences ouatés
Vivre,
Pour ta beauté figée,
Tes vingt-neuf ans immobiles,
Ma jeunesse éternelle.
J'irai,
A la copa del árbol de papel,
Là où l'on entend encore chanter
Le rossignol andalou.
*
[Envole-moi.]

Le bonheur parfait selon moi ?
Est facile à trouver…
Ce qui me fait le plus plaisir dans la vie ?
La simplicité.
Ce qui m’emmerde le plus ?
Les gens bornés et la prétention, les trop plein d’amour propre.
Ce qui me fait me lever le matin ?
L’envie.
Mon principal trait de caractère ?
Perfectionnisme.
Mon principal défaut ?
Ma timidité.
Mes héros ou héroïnes, aujourd’hui ?
Ceux qui vont au bout de leurs rêves.
Une figure historique à laquelle je m’identifie le plus ?
À personne en particulier.
Mon héros de fiction ?
Dafna et Mademoiselle Liberté d’Alexandre Jardin.
Le voyage que je rêverais de faire ou refaire ? Et pourquoi ?
Un tour du monde. Pour vivre. Parce que la réalité dépasse de loin l’imagination.
Mes qualités préférées chez un homme ?
L’ouverture d’esprit, l’intégrité et l’humour.
Mes qualités préférées chez une femme ?
L’ouverture d’esprit, l’intégrité et l’humour.
Mes écrivains préférés ?
Alexandre Jardin, Paulo Coelho, Nina Bouraoui, Christian Bobin… entre autre.
Mes poètes préférés ?
Prévert et Éluard.
Le plus beau poème de la langue française, selon moi ?
Les enfants qui s’aiment de Prévert et Il meurt lentement de Pablo Neruda.
Mon compositeur préféré ?
Yann Tiersen.
Mes chanteurs ou chanteuses préférés ?
Brassens, Brel, Gainsbourg, The Beatles, Pauline Croze, Keren Ann, Piaf, Pierre Lapointe… tant… et tant d’autre.
Mon livre culte ?
Le Petit Prince de Saint-Exupéry.
Mon peintre préféré ?
Van Gogh.
Mon film culte ?
Jeux d’enfants et Le fabuleux destin d’Amélie Poulain.
Mon acteur préféré ?
Charlie Chaplin.
Mon plus grand regret ?
Je n’en ai pas.
Mon plus beau souvenir ?
Des rencontres.
Le talent que je voudrais avoir ?
Tant… Mais comme l’a dit Brel : « Le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est d’avoir envie de faire quelque chose. »
Ce qui m’est le plus cher ?
Les gens qui font tourner mon univers.
Ce que je déteste par-dessus tout ?
Le nombrilisme et l’indifférence.
Mon occupation préférée ?
Je crayonne…
Ma plus grande peur ?
Ne plus être émerveillée par la vie.
Mon épitaphe… ?
*Il faut bien que tout le monde vive
Alors tuez-vous un peu
Allons, allons
Voyons
Soyons sérieux
Laissez la place
Vous savez bien que vous ne pouvez pas rester là
Trop longtemps
Il faut bien qu’il y en ait pour tout le monde
Un petit tour on vous l’a dit
Un petit tour du monde
Un petit tour dans le monde
Un petit tour et on s’en va.*
(Prévert)
Ce que je dirais à Dieu, si je le rencontrais ?
Comme quoi, parfois, on a bien tort de ne pas croire ce que l’on a du mal à comprendre.
Ce que j’aimerais qu’il me réponde ?
* Sourire.

Funambule.
La vie penche pour le vertige. Avec désinvolture.
C’est l’avalanche. Une giboulée d’envies...
Des rêves nomades en poupées russes et mes paupières en parachutes sur un ciel bleu aquarelle.
Ici, les parapluies fleuriront toujours.
Caprice.
*Allez viens, on s’emmène rattraper le bout du monde, il
vient juste de passer.*